l'ogre est de loin le monstre le plus présent dans les contes maghrébins(ou nord-africains). il peuple les forets,et les montagnes. il est particulièrement friand de la chair des enfants! son physique est hideux! il est crasseux,puant de partout!
Les Berbères, dit Ibn Khaldoun, racontent un si grand nombre d'histoires que, si on se donnait la peine de les mettre par écrit, on remplirait des volumes ». Et, à l'appui de son dire, il cite la légende suivante : « La s½ur de Yala ben Ahmed El Ifreni, enfanta, sans avoir eu commerce avec un homme, un fils nommé Kelman, surnommé Ibn Asad (fils de lion), parce que sa mère l'avait conçu par l'effet de la bave d'une bête féroce qui s'abreuvait dans une source d'eau chaude où elle s'était baignée. » (Histoire des Berbères, t. I, p 2o5)....
....Les naissances miraculeuses étaient donc un des éléments de ces contes, et sans remonter jusqu'à Hérodote qui fiait emprunter aux Libyens par les Grecs le culte de Poséidon et d'Athénè Tritogenis, on trouvera dans des récits plus modernes des traits de superstition non moins curieux. Moh'am-med ben Yousofi et son abréviateur El Bekri tiennent de témoins oulaires que chez les Fadela et les Benou Akidan (tribus berbères orientales, sur les confins de l'Egypte et de la Tripolitaine) « il n'est pas rare de voir la fille qui « vient de naître, se métamorphoser en « ogresse et se jeter sur les hommes jus-« qu'à ce qu'on la lie et la garrotte ». Les sorciers Azier étaient également célèbres au temps d'Èdrisi. Les ogres (aouar zeniou, amez) jouent un rôle considérable dans les contes fantastiques berbères : tantôt on peut les considérer comme un souvenir d'une population antérieure, ou du moins d'une race professant un culte disparu, comme les, Djohala (païens) ou les Iroumien (chrétiens); tantôt ce sont des êtres purement mythologiques, analogues aux ghoules et aux afrites des Arabes, gardiens de l'eau de la vie, de la pomme de jeunesse et d'autres talismans; parfois, lorsqu'un enchantement est rompu, ils dépouillent leur peau d'ogre pour vivre en honnêtes musulmans. Les djinns et les fées sont aussi fréquemment cités, mais il est difficile de faire la part de l'élément purement berbère dans ces contes dont beaucoup ont été empruntés aux Arabes. Cependant on peut admettre que les légendes locales, ayant pour théâtre une montagne, une grotte et surtout une source, soit dans le Tell, soit dans le Sahara, ont un fonds berbère, malgré de nombreux traits empruntés à la mythologie musulmane.
source: http://poesie-damour.blogspot.com/2009/05/les-berberes-selon-ibn-khaldoun.html